« … comme moi j’ai eu pitié de toi. »  Mt 18, 53
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« … comme moi j’ai eu pitié de toi. » Mt 18, 53

Pourquoi rancune et colère, disputes jamais achevées, ruminations incessantes, médisances et calomnies entre nous ? Vieilles querelles de familles ressassées de génération en génération au point parfois de ne plus savoir pourquoi nous sommes en froid. Nous croyons parfois avoir pardonné ou fait la paix et voici qu’à la première occasion notre colère ressort tel un volcan mal contenu, trahissant notre désir de vengeance.

 Simon-Pierre apôtre connait bien la nature humaine. Il sait qu’il est difficile de pardonner, parfois même impossible. En bon disciple de la Torah Simon-Pierre sait que Dieu a donné le pouvoir de pardonner à l’homme qui a été blessé par son prochain, mais que ce pouvoir a ses limites.

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« Pour vous […] qui suis-je ? » Mt 16, 15
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Pour vous […] qui suis-je ? » Mt 16, 15

Jésus, un homme comme les autres. Au début de son ministère, rien ne distinguait Jésus d’un juif de son temps. Lorsque Jésus s’avance pour être baptisé personne parmi la foule ne le remarque. Un seul. Un seul parmi des milliers le désigne comme celui que l’on attendait en Israël. Jean-le baptiste affirme à ses disciples qu’il est celui qu’il faut suivre comme Messie, agneau de Dieu. Cela ne fait pas de Jésus une superstar que tout le monde va suivre dans l’immédiat. À Nazareth, malgré l’étonnement de son enseignement, on ne le reconnait que comme le fils de Joseph, le charpentier. Au fond une homme comme les autres, situé selon sa famille et son métier. Rien de plus.Quelques-uns seulement deviennent disciples. Ils se laissent attirer par Jésus au point de tout perdre pour lui, famille et métier, situation sociale et gloire humaine.

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« Un signe grandiose apparut au ciel… » Ap 11, 19
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Un signe grandiose apparut au ciel… » Ap 11, 19

« Il y a grand malheur au Royaume de France » disait Jeanne d’Arc. À son père qui lui dit : « Tout est perdu » Jeanne répond : « Tout est sauf. » Nul n’est besoin de citer les malheurs actuels. Notre pays brûle comme incendie de forêt après Notre Dame de Paris. Le feu couve me disait récemment un jeune papa, gendarme de son métier. Quel que soit le régime politique, république ou monarchie, un pays a une âme, une histoire, une identité. Toute histoire nationale a ses grandeurs et ses bassesses parce que toute nation est faite d’hommes et de femmes de la race d’Adam et d’Eve. Comme tout être humain, une nation peut mourir. Il n’est donc pas vain de s’interroger sur notre histoire et notre identité, notre âme et nos ressources, pour y puiser la force de vivre ensemble.

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« Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte. » Mt 14, 27
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte. » Mt 14, 27

Le prophète Élie vient de réussir un coup d’éclat. Plus de quatre cents prophètes du dieu païen Baal, confondus et exécutés par l’épée. Naturellement la reine Jézabel en veut à mort au prophète pour lui avoir supprimé toute sa cour de prophètes. Élie fuit au désert la colère royale. Dépité, découragé il en appelle à la mort. Il ne se trouve pas meilleur que ses pères. Car, certes, c’est une victoire que de détruire tant d’adversaires. Mais est-ce un authentique témoignage du vrai Dieu dont le prophète est ardemment jaloux ? Est-ce témoignage du Dieu de tendresse et de miséricorde, lent à la colère et plein d’amour, que le prophète confesse ? Le Dieu de la douce et forte délivrance d’Égypte ne demandait qu’une seule chose : lui rendre un culte au désert, le reconnaître pour le vrai Dieu et se laisser guider par lui.

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« Tous mangèrent et furent rassasiés … » Mt 14, 20
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Tous mangèrent et furent rassasiés … » Mt 14, 20

Qu’avons-nous fait de Jésus ? Les églises se vident, du moins en Occident. Pourquoi avons-nous tant peur de Dieu dans notre société ? Constat de peur d’une évidence flagrante. Un autostoppeur que je viens de prendre, réalisant qu’il a à faire à un curé, me dit sans ambages : vous n’allez pas m’obliger à croire ! … Notre société européenne vit une apostasie généralisée de ses racines chrétiennes. L’intégralité de l’héritage de notre culture européenne est d’origine judéo-chrétienne. Voici aujourd’hui le vide abyssal de la culture contemporaine. On ne peut être qu’interrogatif. « L’ère du vide » titre un philosophe français, alors qu’un autre écrit parle du « désenchantement du monde ». Ces titres évocateurs manifestent que, depuis la Révolution française, et même bien avant, on a évacué Dieu de notre horizon. L’homme se retrouve orphelin. Il tente de se fabriquer des projets de grands soirs et d’hommes nouveaux à la force de son seul génie de bipède raisonnable. Toute chose qui finisse souvent dans la terreur ou le goulag. Qu’avons-nous fait de Jésus, de sa bonté miséricordieuse, de sa passion pour chercher l’homme, sa créature, pour le sauver de lui-même ?

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« Le royaume des Cieux … comparable à un trésor caché dans un champ. » Mt 13, 44
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Le royaume des Cieux … comparable à un trésor caché dans un champ. » Mt 13, 44

Jésus se plaît à nous parler en parabole, d’un façon quelque peu énigmatique. Tout simplement parce que le langage de l’amour est ouverture sur le mystère. Le langage de l’amour n’est pas de l’ordre des preuves mais des signes qui mettent en route, qui indiquent la bonne direction. Le langage de l’amour est symbole qui unit et fait entrer en communion, non point langage de démonstration scientifique. Ainsi l’oraison de ce dimanche nous fait demander au Seigneur qu’en « faisant un bon usage des biens qui passent, nous puissions déjà nous attacher à ceux qui demeurent. » La création et tous les biens de la terre ne sont que signes et symboles d’une réalité invisible des biens éternels qui ne passeront jamais.

Le but de notre vie est au ciel.

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« Ta force est à l’origine de ta justice… » Sg 12, 13
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Ta force est à l’origine de ta justice… » Sg 12, 13

« La patience de Dieu nous éprouve » enseigne le pape Benoît XVI dans une première homélie de son pontificat. D’aucuns ajouteraient que la patience de Dieu nous exaspère. Qui d’entre nous n’a pas un jour vitupérer contre le Seigneur face à une trop grande souffrance à supporter, une injustice notoire à assumer ou un innocent massacré. Sans traiter Dieu « d’espion de l’homme » comme le fit Job, nous lui avons demandé des comptes, à notre manière.

Nous rêvons de justice et d’un monde parfait, la plupart du temps selon des vues étroites, non exempts d’intérêts personnels ou de communauté.

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« …à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. » Mt 13, 12
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« …à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. » Mt 13, 12

Le Seigneur Jésus ne manque jamais de nous dérouter pour nous faire réfléchir. Comment peut-on enlever à celui qui n’a déjà pas et donner encore à celui qui a ? Simplissime ! Tout l’enseignement nous parle de la semence qu’est la Parole de Dieu à recevoir sur la terre de nos vies. Le challenge est d’acquérir un cœur qui écoute, un cœur tout enseignable. Être la bonne terre qui reçoit le grain et produit un fruit de cent pour un. Si notre cœur reste superficiel, capable seulement de joie passagère sans profondeur, si notre cœur est inconstant, si nous sommes la personne d’un moment, si notre cœur est toujours rempli du charivari des occupations de ce monde, comment pourrait-il accueillir la parole de vie, la parole la plus essentielle qui a vocation de nous faire naître à nous-mêmes et de nous mettre en communion avec le Seigneur, et les uns avec les autres ?

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« Prenez sur vous mon joug… » Mt 11, 29
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Prenez sur vous mon joug… » Mt 11, 29

Qui peut prétendre demander de se mettre sous son joug ? L’image est forte, sans ambigüité. Il s’agit d’être attelé côte à côte, comme des bœufs, pour tirer ensemble une lourde charge. Comment peut-on se mettre consciemment et volontairement sous le joug de qui que ce soit. L’image blesse notre farouche passion pour la liberté. Passion exacerbée à notre époque où liberté rime avec individualisme forcené, en exclusion ou au moins en mise à l’écart de tout autre intervenant. Jésus est souvent excessif, voire insupportable, dans les expressions de son enseignement. Du moins le percevons nous ainsi, en raison de nos idées mal dégrossies qui brillent à l’aune mensongère de la bienpensance dominante.

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« Qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. » Mt 10, 39
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. » Mt 10, 39

Les paroles de Jésus, sur la préférence absolue de l’amour pour lui sur tout lien familial, peuvent sembler scandaleuses. N’y a-t-il pas contradiction avec le commandement d’honorer père et mère ? Nous sommes en face d’un paradoxe, et non d’une contradiction. Un paradoxe est une contradiction apparente. Pour le comprendre il faut tenir les deux termes ensemble.

 Père et mère, époux et épouse, fils et filles sont dons de Dieu. Il convient de les honorer, de les respecter et de les servir. Prétendre servir Dieu en méprisant ses dons, c’est une faute grave. Mais Jésus nous avertit que nous ne devons pas confondre les dons de Dieu avec Dieu lui-même. La loi et les prophètes se résument en ces deux commandements qui n’en font qu’un : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même. Bien comprendre ces commandements c’est réaliser qu’aimer Dieu en priorité absolue c’est parce qu’il est la source de notre amour du prochain.

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« L’amour de ta maison m’a perdu. » Ps 68 (69), 10
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« L’amour de ta maison m’a perdu. » Ps 68 (69), 10

André Frossard demande un jour à son ami le pape Jean-Paul II la parole de l’Évangile qui l’habite le plus. Le Saint Père lui répond sans hésiter : « La vérité vous rendra libres. » (Jn 8, 32) Être vrai, connaître la vérité, dire la vérité est très difficile. Sous prétexte de la vérité, nous nous disputons souvent entre hommes. Or notre regard est partiel, notre connaissance sur cette terre est partielle. Jésus est « le Chemin, la Vérité et la Vie. » ( Jn 14, 6) Dieu seul est la vérité. Jésus ne dit jamais avoir la vérité. Il est la vérité. Il nous invite à cheminer avec Lui pour connaître la Vérité qu’il est. Or l’Amour seul est vérité. J’aurais beau avoir objectivement raison, sans l’amour, ma vérité peut être mortelle. « Cessez de vouloir avoir raison, dit un prédicateur, vous auriez tort d’avoir raison. »

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« L’Esprit de Vérité, lui que le monde ne peut recevoir. » Jn 15, 17
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« L’Esprit de Vérité, lui que le monde ne peut recevoir. » Jn 15, 17

Les apôtres sont désemparés à l’idée de voir leur Maître disparaître. L’enseignement de Jésus est si fort par son autorité qu’ils n’imaginent pas vivre sans Lui. Même lorsque il est déroutant, tous pensent comme Simon Pierre : « À qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jn 6, 68) Chaque parole de Jésus rend les cœurs brûlants et illumine les intelligences.

Notre petit monde occidental est très expert en raison. Depuis des siècles il a développé une science débordante offrant la maîtrise de bien des réalités terrestres. Pensons aux avancées immenses de la médecine et de la technologie en de nombreux domaines. Malheureusement ce monde du progrès s’est terriblement appauvri en vie spirituelle. À des jeunes désireux d’être avec elle dans le monde miséreux de Calcutta, Mère Teresa indique le retour en Occident car la misère spirituelle de ce monde-là lui semble pire que la misère matérielle de l’Inde.

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« Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne. » Jn 14, 27
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne. » Jn 14, 27

8 mai 1945, fin d’un siècle de conflits, si l’on inclut la guerre de Crimée et la guerre franco-russe. Que n’a-t-on pas compris pour se déchirer à si grande échelle et de façon si meurtrière ? Du jamais vu dans l’histoire des civilisations ! Or, voici que la situation géopolitique actuelle ressemble à un frottement de plaques tectoniques, prélude probable à des tsunamis d’aussi grande ampleur. Que n’avons-nous toujours pas compris ?

La réponse est-elle dans les romans de John Tolquien, dont la fameuse saga du « Seigneur des anneaux ? » L’écrivain britannique a puisé dans les anciennes mythologies européennes. Il met en scène l’éternel et terrible combat entre les forces du mal et l’humanité. Sa plume décrit de façon redoutable la puissance du mal dans sa lutte contre la lumière. Le cœur de l’homme assoiffé de domination est une porte facile d’entrée à ce mal. En témoigne « Le triomphe de la volonté » le film emblématique de propagande d’Hitler, reprise intégrale de la philosophie nihiliste de Nietzsche.

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« Que, là où je suis, vous aussi, vous soyez. » Jn 14, 3
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Que, là où je suis, vous aussi, vous soyez. » Jn 14, 3

À la veille de la Pâque juive, les apôtres sont profondément troublés. La tension monte à Jérusalem au sujet de leur Maître. Les chefs des juifs lui en veulent à mort. De surcroît Jésus déconcerte absolument ses disciples tant il ne semble pas vouloir éviter cet affrontement qui risque de lui coûter la vie. Aussi Jésus les enseigne une dernière fois leur livrant l’âme de son âme. La peur saisit néanmoins les apôtres, car ils pressentent le drame de la disparition du visage du bien-aimé. Comment pouvoir vivre sans Lui ? Comment ne pas perdre cette présence si nourrissante ? Le trésor de cette vie si intense de trois années de ministère, faite de tant signes et de miracles débordants de vie, d’enseignement si lumineux, ce trésor n’aurait-il été donné pour rien ? Voyons notre propre expérience, désemparés que nous sommes devant la disparition prochaine d’un être très aimé. Fréquemment nous affirmons que la personne nous manquera à jamais, comme si la personne en question allait retourner au néant. Nous parlons du défunt comme d’une perte.

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« Pour que les brebis aient la vie en abondance. » Jn 10, 10
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Pour que les brebis aient la vie en abondance. » Jn 10, 10

« Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr ». Jésus nous avertit solennellement. Il nous faut être vigilants, ne pas nous illusionner sur notre vie chrétienne. Le propre de la foi juive et chrétienne, c’est de croire au Dieu de la vie. Depuis toujours le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob s’est révélé comme le donateur de la vie. Naissance impossible d’Isaac, le fils de la promesse, offerte à un couple stérile. Promesse d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Promesse d’une terre où coule le lait et le miel à une population réduite en esclavage. Promesse d’un festin surabondant aux émigrés en exil à Babylone. Le serviteur souffrant qui porte le poids des péchés de la multitude pour redonner la vie. Jésus, le donateur de vie, qui guérit, pardonne, ressuscite et chasse les démons. Notre Dieu n’est ni dans l’orage de la guerre, des conflits en tous genres, ou des mers mortes. Un proverbe juif exprime avec pertinence pourquoi la mer morte est morte. Parce qu’elle ne rend pas ce qu’elle reçoit. Certes, elle ne fait pas de vagues mais elle ne nourrit personne avec les dons reçus.

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« Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. » Lc, 24 16
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. » Lc, 24 16

Comment les yeux des disciples étaient-ils empêchés de reconnaître Jésus ? Ils ont vécu trois années avec lui, témoins privilégiés de ses merveilles : guérisons, résurrections et libérations de tant de pauvres. Jésus ne vient pas à eux comme un fantôme. Thomas demande justement à toucher les plaies pour ne pas être illusionné. Les évangélistes soulignent qu’à chaque rencontre de Jésus ressuscité les apôtres ne le reconnaissent pas. Marie-Madeleine ne le prend-t-elle pas pour le jardinier ? On peut donc voir le Christ ressuscité et ne pas le reconnaître. Et nous qui pensons que si nous pouvions voir Jésus, ce serait plus facile de croire. « Heureux celui qui croit sans avoir vu » nous dit Jésus. (Jn 20, 29)

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« La paix soit avec vous … Il leur montra ses mains et son côté » Jn 20, 19
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« La paix soit avec vous … Il leur montra ses mains et son côté » Jn 20, 19

Les apôtres et disciples craignent de subir le même sort que le Maître. Ils ont verrouillé les portes du lieu où ils se sont retrouvés. Leurs cœurs sont plus encore verrouillés par la peur et la honte. Ils ont lâché le Maître, renié, et pour l’un d’entre eux, trahi. Le suicide est un acte qui pèse lourd sur l’entourage des survivants. Climat d’angoisse et de tristesse, de remords et de larmes, dont ils ne savent comment sortir. Ils ont beau se réconforter mutuellement, rien n’y fait. L’adversaire n’a pas réussi à enfermer Jésus dans les enfers. Il travaille sans aucun doute à enfermer le premier collège des apôtres dans la culpabilité et la honte, histoire d’en finir avec Jésus et son héritage.

À plusieurs reprises les évangélistes nous affirment que les apôtres n’ont pas compris que le Christ devait ressusciter.

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« Ne craignez point. Allez annoncer à mes frères… » Mt 28, 10
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Ne craignez point. Allez annoncer à mes frères… » Mt 28, 10

Le choc est très grand. Trop, sans doute. Les femmes vont au tombeau pour terminer la toilette funéraire de leur maître. Au lieu de pouvoir le servir une dernière fois en sa dépouille mortelle, elle trouve un tombeau ouvert et vide. Un ange les accueille et leur dit de ne point craindre. Jésus n’est pas ici. Elles doivent aller annoncer à ses disciples qu’il est ressuscité et qu’il les attend en Galilée. Pleines d’émotion et de joie elles s’en vont lorsque soudain elles sont rejointes par Jésus lui-même. À son tour il leur dit de ne pas craindre et renouvelle leur mission à l’intention des disciples.

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« Ils ne savaient pas encore qu’Il devait ressusciter. » Jn 20, 9
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Ils ne savaient pas encore qu’Il devait ressusciter. » Jn 20, 9

 

Que se passe-t-il en ce lendemain tragique de sabbat ? Les disciples du Nazaréen ont tous fui. Ils sont claquemurés dans la peur d’être pourchassés et massacrés. Marie-Madeleine court au tombeau, avec quelques autres femmes, nous disent les évangélistes, mais pour aller voir un cadavre. Preuve en est qu’elles apportent des aromates, simplement pour terminer la toilette funéraire du défunt. Celle-ci a été à peine commencée, car on était au début du sabbat quand on a enseveli Jésus en hâte. La détresse de ces femmes est si grande qu’elles en oublient d’avertir quelques costauds pour leur rouler la pierre. Auraient-elles pu les trouver d’ailleurs, terrés qu’ils sont dans une panique intérieure et une crainte de représailles. Tout ce petit monde de Jésus ne communie donc en rien aux paroles du Maître sur la résurrection. Non pas qu’ils ne croient pas à la résurrection des morts à la fin des temps, mais ils n’ont pas compris les signes de résurrection faits par Jésus et l’annonce de sa résurrection, laquelle devrait avoir lieu après avoir souffert terriblement. « Ils ne savaient pas que d’après les écritures il devait ressusciter » nous dit saint Jean (20, 9).

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« Il n’est pas ici. Il est ressuscité… » Mt 28, 5-6
Jean-Dominique DUBOIS Jean-Dominique DUBOIS

« Il n’est pas ici. Il est ressuscité… » Mt 28, 5-6

Le maître est mort de la mort la plus ignominieuse qui soit, la crucifixion. La Loi dit en effet au livre du Deutéronome : « Maudit quiconque pend au gibet. » (Ga 3, 13) Jamais on n’avait vu tant de merveilles en Juda et Galilée. Jamais on n’avait entendu pareil enseignement avec autorité. Le boiteux marche, le sourd entend, le muet parle, les morts ressuscitent et les démons sont chassés. Pourquoi ? Pourquoi donc cette condamnation injuste du plus beau des enfants des hommes ? Sur le lieu du supplice, Jésus crucifié, qui n’a plus visage humain, laisse paraître encore la bonté de son cœur. Sa façon de mourir en priant pour ses bourreaux convertit le larron et le chef romain de l’exécution. Pourquoi l’avoir crucifié ?

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